Le rapport mensuel d'un parc de bornes de recharge
Le rapport mensuel d'un mainteneur couvre utilement sept blocs : disponibilité, interventions curatives, préventif réalisé, incidents, sessions, énergie, conformité et échéances. Il s'ouvre sur une page de synthèse. Pour les bornes ouvertes au public, il reprend les définitions de l'article D353-6 du code de l'énergie et suit les obligations de publication des articles R353-4-4 et R353-4-5.
Sources officielles : Légifrance, code de l'énergie, article D353-6 ; Légifrance, code de l'énergie, articles R353-4-4 et R353-4-5 ; EUR-Lex, règlement (UE) 2023/1804, article 20. Sources consultées le 3 novembre 2026.
Sommaire
À quoi sert le rapport mensuel
Le propriétaire d'un parc de bornes, qu'il s'agisse d'une entreprise, d'une collectivité ou d'un opérateur de recharge, ne voit pas ses bornes tous les jours. Le rapport mensuel de son mainteneur et superviseur est souvent sa seule vue d'ensemble. Il sert à trois choses : vérifier que le contrat est tenu, décider (renouveler un modèle, renforcer un site, changer une règle d'accès) et répondre aux obligations de publication et de transmission de données qui pèsent sur lui.
Un bon rapport répond en une page à trois questions : mes bornes ont-elles fonctionné, qu'a-t-on fait dessus, que dois-je décider ce mois-ci. Le reste est du détail consultable.
Les sept blocs du rapport
Les définitions des indicateurs (MTTR, MTBF, disponibilité, taux de sessions réussies) sont posées dans notre article sur les indicateurs de maintenance des bornes. Le rapport les reprend telles quelles, d'un mois sur l'autre, sans les redéfinir.
| Bloc | Contenu | Question à laquelle il répond |
|---|---|---|
| 1. Disponibilité | Disponibilité du parc, par site et par point, sur le mois et sur douze mois glissants | Mes bornes étaient-elles utilisables ? |
| 2. Interventions curatives | Liste des pannes traitées, cause, durée de rétablissement, pièces changées | Qu'a-t-on réparé et en combien de temps ? |
| 3. Préventif réalisé | Visites prévues et réalisées, points de contrôle, réserves levées ou non | Le plan de maintenance est-il tenu ? |
| 4. Incidents | Incidents notables : coupure réseau, vandalisme, perte de communication, défaut d'itinérance | Que s'est-il passé hors du fonctionnement normal ? |
| 5. Sessions | Sessions initiées, sessions réussies, motifs d'échec, répartition par mode d'accès | Les conducteurs ont-ils pu recharger ? |
| 6. Énergie | Énergie délivrée par site, énergie moyenne et durée moyenne par session | Comment le parc est-il utilisé ? |
| 7. Conformité et échéances | Vérifications réglementaires, mises à jour logicielles, certificats, publication des données, fin de garantie | Que dois-je anticiper ? |
Interventions et incidents : la cause avant tout
Chaque intervention porte une cause classée dans une liste courte et stable : matériel, alimentation électrique, communication, vandalisme, véhicule, itinérance ou autorisation, usage. C'est ce classement qui transforme un journal d'interventions en information utile. Il montre si un modèle de borne tombe plus souvent qu'un autre, si un site souffre de coupures réseau ou si les refus viennent d'un partenaire d'itinérance.
Séparez aussi ce qui relève du mainteneur de ce qui n'en relève pas. Une borne indisponible parce que le parking était fermé, ou parce que l'accès au local technique a été refusé, n'a pas la même lecture qu'une pièce en attente. Le propriétaire doit pouvoir distinguer les deux sans demander.
Sessions et énergie : les définitions du code de l'énergie
Pour une infrastructure ouverte au public, l'article D353-6 du code de l'énergie fournit une grille toute faite. Il liste les informations d'usage qu'un opérateur transmet, à leur demande, aux collectivités qui élaborent un schéma directeur de la recharge. Pour chacun des 24 derniers mois : taux de disponibilité, taux d'occupation, sessions initiées, sessions réussies réparties entre paiement à l'acte, abonnés de l'opérateur et abonnés d'opérateurs de mobilité tiers, énergie moyenne et durée moyenne par session réussie.
Le même article définit les termes. Une session est réussie si elle dure plus de deux minutes ou si plus de 0,2 kWh sont délivrés. Le taux de disponibilité rapporte les heures où le point est apte à fonctionner aux heures d'ouverture de la station ; le taux d'occupation rapporte les heures de connexion d'un véhicule aux mêmes heures d'ouverture. Adopter ces définitions dans le rapport mensuel ne coûte rien et évite de recalculer l'historique le jour où la demande arrive. L'article D353-6-1 laisse en effet un mois à l'opérateur pour répondre, dans un format ouvert et exploitable automatiquement.
Les obligations qui nourrissent le rapport
Le rapport mensuel n'est imposé par aucun texte. Mais plusieurs obligations du propriétaire ou de l'exploitant se vérifient avec les mêmes données, et le bloc conformité doit les suivre.
Publication des données en France
L'article R353-4-4 du code de l'énergie impose de rendre accessibles à tous les données de localisation et les caractéristiques techniques des stations et points de recharge ouverts au public, publiées et mises à jour sur le point d'accès national prévu à l'article D1115-1 du code des transports. L'article R353-4-5 fait de même pour la disponibilité des points de charge, dès lors que ces données existent pour l'exploitation. Il ajoute une règle concrète : quand un incident affecte tout ou partie de l'infrastructure pendant plus de deux heures, une information sur l'indisponibilité qui en résulte est mise à disposition de tous les utilisateurs. Chacun de ces manquements est passible d'une amende administrative de 300 euros au plus par point de recharge (section du code de l'énergie sur l'itinérance de la recharge).
Traduction dans le rapport : la date de la dernière mise à jour du fichier statique, le taux de mise à jour effective du flux dynamique, et la liste des incidents de plus de deux heures avec la confirmation que l'information a bien été publiée. Le détail des fichiers et du schéma national est dans notre article sur la publication des données des bornes.
AFIR, article 20
L'article 20 du règlement (UE) 2023/1804 demande aux exploitants de points de recharge ouverts au public, ou aux propriétaires selon les modalités convenues entre eux, de rendre disponibles sans frais des données statiques et des données dynamiques. Parmi ces dernières : le statut opérationnel (opérationnel ou hors service), la disponibilité (en cours d'utilisation ou libre), le prix ad hoc et le caractère entièrement renouvelable de l'électricité fournie. L'accès passe par une interface de programmation dont les informations sont communiquées au point d'accès national. Le rapport vérifie que les statuts publiés concordent avec ceux de la supervision : un point affiché libre alors qu'il est en panne se voit dans les sessions échouées du mois. Le reste du règlement est présenté dans notre article sur le règlement AFIR.
Échéances électriques
Sur un site employeur, les circuits des bornes entrent dans la vérification périodique des installations électriques prévue par le code du travail, articles R4226-14 et suivants. Le bloc échéances rappelle la date de la prochaine vérification et l'état des observations du dernier rapport. Voir notre article sur la vérification périodique.
Rendre le rapport lisible
- Une page de synthèse d'abord. Trois ou quatre indicateurs, leur tendance sur douze mois, les sites qui décrochent, les décisions attendues. Le détail suit, en annexe.
- Les écarts d'abord. Classez les sites et les points du moins disponible au plus disponible. Une moyenne de parc flatteuse peut cacher une station hors service tout le mois.
- Des définitions stables. Même formule, même périmètre, mêmes heures d'ouverture chaque mois. Tout changement de méthode est signalé et l'historique recalculé.
- Des actions, pas des constats. Chaque anomalie se termine par une action, un responsable et une date. Le rapport suivant dit si elle est faite.
- Les données brutes jointes. Un export par point et par jour, dans un format ouvert, permet au propriétaire de recalculer ce qu'il veut sans dépendre du prestataire.
- Un vocabulaire commun. Les mots du rapport sont ceux du contrat. Si le contrat parle de temps de rétablissement, le rapport ne parle pas de délai de réponse.
Entreprise, collectivité, opérateur : adapter le rapport
Le socle reste le même, mais l'accent change selon le propriétaire du parc.
- Entreprise et flotte : disponibilité aux heures où les véhicules doivent repartir chargés, énergie par site pour la refacturation interne, échéances électriques du site.
- Collectivité : sessions et énergie dans les définitions de l'article D353-6, répartition par mode d'accès, incidents de plus de deux heures et état de la publication des données.
- Opérateur de recharge : détail par point, motifs d'échec de session, rejets côté itinérance, cohérence entre statuts OCPP et statuts publiés, suivi par modèle et par version de micrologiciel.
Ce que JCSM prend en charge
Dans ses contrats de maintenance et de supervision, JCSM remet un compte rendu de chaque intervention et un rapport mensuel (disponibilité, énergie délivrée, sessions), commenté par un interlocuteur dédié. Le contenu et les modalités du reporting se définissent avec chaque client : entreprise, collectivité ou opérateur. Le détail de l'offre est sur la page exploitation et maintenance.
Questions fréquentes
Le rapport mensuel est-il obligatoire ?
Aucun texte n'impose un rapport mensuel entre mainteneur et propriétaire : c'est le contrat qui le prévoit. En revanche, plusieurs obligations du code de l'énergie et du règlement AFIR se vérifient avec les mêmes données.
Qu'est-ce qu'une session réussie ?
Pour les informations d'usage transmises aux collectivités, l'article D353-6 du code de l'énergie retient une session qui dure plus de deux minutes ou qui délivre plus de 0,2 kWh. Reprendre cette définition dans le rapport évite de recalculer l'historique.
Quels indicateurs mettre dans la page de synthèse ?
Trois ou quatre au plus : la disponibilité, le temps moyen de rétablissement, le taux de sessions réussies et l'énergie délivrée, chacun avec sa tendance sur douze mois et la liste des sites qui décrochent.
Que doit contenir le bloc conformité ?
Les échéances de vérification des installations électriques, l'état des observations du dernier rapport, la mise à jour des données publiées, les incidents de plus de deux heures signalés et les fins de garantie à venir.
Un rapport qui sert à décider
Maintenance, supervision et rapport mensuel de votre parc de bornes, commenté par un interlocuteur dédié.
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